Translémanique 2021

La translémanique est une course en solitaire qui consiste à faire l’aller retour du lac léman, au départ de Genève (pour faire simple, c’est le bol d’or mais en solitaire).

Cette année, un peu plus de 100 participants étaient aux départs, dont 3 bateaux du LUC Voile ! Felix, Loïc et Lennard se sont lancés dans cette belle aventure et vous raconte leur régate :

Luc Voile 1 – Felix

Après une belle nuit dans le bateau le vendredi soir et les croissants au bon déjeuner, c’était l’heure de vérifier une dernière fois le bateau et partir sur l’eau. Une belle bise s’annonce.

Après un départ côté France avec le bon paquet je me décide de traverser le lac et gentiment je suis un peu seul, mais j’arrive à me concentrer. Avec la bise forcissant je mets le ris. Au près on monte jusqu’à la sortie du petit lac. C’est à ce moment la que je commence à croiser des autres Surprises et je me rends compte que je ne suis pas si mal parti. Nous longeons la côte Suisse et commencent à viser le Bouveret sous le Lavaux. Je reste patient avec le changement de voile et je peux observer d’autres qui essayent de mettre le spi mais l’angle est trop serré pour la force du vent ce qui me permet de rattraper quelques mètres. Je passe vers 17h30 entre 5-10ème la marque du Bouveret. Assez vite je me décide de monter direction Lausanne pour pouvoir mettre le Spi plus tôt. Vers Pully je mets le Spi mais c’est l’angle et la pression qui font que je dois réaffaler assez tôt. Une faute dans la manœuvre d’affalage de spi a rendu cette opération assez dangereuse, mais après le troisième essaie j’ai réussi à le dompter tout en ayant malheureusement perdu pas mal de distance. J’ai failli passer à l’eau et mis un petit moment pour me remettre de cette aventure. J’ai renvoyé le petit spi et j’ai avancé direction Yvoire. Avec une descente sous spi la nuit avec des jolis vagues on a fini ce beau tour du lac. C’était de nouveau une belle expérience et plein de choses apprises. Malgré cette mésaventure au début du retour j’ai fini sur la 13ème place. À une prochaine !




Dolce Vita – Loïc

 

Super translem annoncée avec une belle bise qui devrait permettre aux meilleurs de faire le tour du lac en une dizaine d’heures.
Je veux prendre un max de plaisir, et rencontrer un max de monde, alors je profite à fond du briefing. Et puis comme d’habitude je n’ose pas assez, alors je décide d’y aller à fond ; GV haute, Gen, et grand spi. 🙂
Et si c’était à refaire, je referais pareille avec seulement le ris qui est super rapide à prendre et à lâcher après avoir essayé une fois avant la course.  Puis les petits détails matériels, je me dis que ca va aller. Dhabitude jen fais trop alors cette fois je vais faire un petit peu moins. Hé bah tiennnnnn!!! Quelle bonne idée ! 
Entre le taquet de la GV qui saute au près, les écoutes de spi 1m trop courtes pour affaler dans le cockpit, le ris que je n’ai pas visualisé comment le prendre rapidement, la gaine du patara qui m’a lâchée en route, et les affaires que j’avais méticuleusement rangées mais dont je n’avais pas pris le temps d’intégrer où je les avais rangées, il y en a eu de l’action !
Finalement, jai fait une grande partie au près avec lécoute de GV en main en prise directe, ça fait les biscottos. Pas de ris, et je me fais régulièrement déloger du poste de barre dans les surventes. Le bateau est sur-gité et je ne vois pas un tribord avec qui je manque de rentrer en collision ; petite frayeur. La gaine du patata qui lâche et je me retrouve avec 3mm de dynéma à enrouler autour de 3 doigts et tirer en fermant les yeux. Je ne trouve pas ma frontale rouge qui est rangée dans le vide-poches de la descente, du coup j’utilise celle de secours qui n’a pas de lumière rouge et qui éblouit. Avec les écoutes trop courtes j’ai re-gréé le spi 4-5 fois de nuit avec le stress d’avoir peut être mal fait. Puis, avec le manque d’entraînement j’ai enroulé le spi dans l’étaie, je vois alors une partie de mon salaire qui flottent dans le vent devant… Bon…  Si je n’ai pas réussi à l’enlever d’ici à la ligne d’arrivée, je mettrai l’ancre avec le spi emmêlé dans l’étai juste après le passage de la ligne. En tout cas j’ai appris à dé-tortiller le spi de l’étai et même à faire des empannages dans vent soutenu sans mettre le spi dans l’étaie maintenant.
Bref d’un point de vue course, ce n’était pas ça du tout, d’un point de vue nav c’était génial, magnifique, ça avançait très bien d’autant plus une fois sous grand spi dans le petit lac avec des pointes à 11-12kts.
Ce sera donc une 16ᵉ place (tiers-milieu de classement) et beaucoup d’apprentissage pour ma part.
Merci au LUC Voile pour m’avoir permis de faire cette course et de m’avoir soutenu.
 
Luc voile 2 – Lennard

 

J-1, vendredi après-midi, départ du convoyage :
Le trajet Vidy-Genève s’annonce rapide. 20 nœuds de bise bien établie soufflent dehors. Les conditions parfaites pour une descente sous spi rapide, quasiment en ligne droite. On fait le convoyage à deux pour essayer de faire un dernier petit entrainement et se préparer pour le lendemain avec des conditions annoncées similaire. Le premier empannage sous spi se passe bien malgré le vent et les vagues. Le deuxième un peu moins. Le bateau fini sur la tranche et le spi s’enroule autour de l’étai. Heureusement qu’on était deux. On arrive à Genève, un peu intimidé pour le lendemain.

J-0, samedi matin 8h, réveil :
Après une bonne nuit passée dans le bateau, il est temps de finir la préparation du bateau. Derniers réglages du gréement, dernier check que tout est à sa place et c’est parti pour sortir du port. Je pars sous génois et grand-voile haute. Il y a 17 environ nœuds établis sur la ligne de départ et le vent à l’air de monter plus on monte dans le petit lac. Un premier signal d’avertissement retenti. 10 minutes avant le top. Je fais une dernière marche arrière pour enlever les potentielles algues et je me focus. Un deuxième signal, 5 minutes avant le départ. Je me place sur le côté droit de la ligne. Un dernier signal et c’est le top départ. Les 108 inscrits s’élancent en direction du Bouveret.
Le début n’est pas évident. Il y a beaucoup de bateaux dans tous les sens et malgré les aller-retours sous le vent pour voir les bateaux tribord, ce n’est pas toujours évident de voir tout le monde. Le vent monte comme prévu, au fur et à mesure que la flotte se rapproche d’Yvoire. Je recule les chariots de génois, blinde tout ce que je peux et régule au chariot. J’avance bien par rapport aux bateaux qui sont juste à côté de moi et le bout du petit lac pointe déjà le bout de son nez. C’est le moment de prendre une décision. Traverser vers la cote suisse ou rester pas trop loin de la côte française et essayer de glisser par en dessous. Je choisis la deuxième option et dès que le vent faibli trop je vire pour aller chercher la bise. Au large d’Évian, la bise cale beaucoup et je mets un peu de temps à m’en sortir. Finalement je me retrouve quasiment cote Suisse en espérant que cette option va payer plus tard en pouvant redescendre sous spi sur le Bouveret. Malheureusement la bise n’a pas son axe habituel et le bord est trop pointu. J’essaye tout de même de monter le spi mais je ne vais pas du tout là où je veux donc je le l’affale en vitesse.
Finalement j’arrive au Bouveret en même temps que Chinook, bateau qui était juste devant moi avant de prendre l’option cote Suisse. Donc rien gagné, rien perdu. Le nez du bateau pointe à présent vers Genève et le soleil est de plus en plus bas. Le début du bord est trop pointu pour espérer envoyer le spi donc je reste un peu au-dessus de la flotte sans pour autant partir seul cote Suisse en espérant pouvoir envoyer avant eux et leur glisser par-dessus.
C’est à la hauteur de Sciez que je peux monter le spi, juste avant le coucher du soleil pour ne pas faire la manœuvre dans le noir. Tout va bien et j’essaye de faire bas pour éviter de devoir trop empanner (mauvais souvenirs de la veille toujours en tête). Je glisse désormais à 11-12 nœuds vers l’objectif quand soudain « PAN » je vois le spi qui tombe devant le bateau. Premier reflex, je regarde la drisse, elle est sortie du taquet. J’arrive à la rattraper juste à temps et je peux rehisser tout de suite. Plus de peur que de mal finalement. Pas de dégâts sur la drisse et je n’ai pas chaluter le spi. Je continue ma route avec un peu de méfiance quand après un petit moment le spi retombe. Cette fois il fait nuit et que j’essaye de rehisser le spi il passe de part et d’autre de la baume et manque tout juste de se déchirer. De nouveau plus de peur que de mal. Cette fois par contre, je mets la drisse sur un autre taquet qui me restait de libre sur le piano. Après plus de soucis de drisse. Vient gentiment le temps d’empanner, je décide de la jouer safe. Je laisse battre le spi au vent le temps de la manœuvre pour ne pas me retrouver sur le toit. Le vent reste fort et avec la nuit je me retrouve vraiment tout seul. Ayant le tracking qui ne marchait pas depuis le début, je n’ai aucune idée d’où sont mes concurrents. Après 4 empannages je commence à voir au loin les lumières de la nautique et là le dernier challenge se présente : trouver la ligne d’arrivée. Avec la boite de nuit au bord du lac non loin du port en repère, je trouve finalement la bouée d’arrivée. La fatigue commence à se faire sentir et le plat de pâte d’après régate m’envoie au fond du lit.
Au final je finis 15ème surprise (sur 41 arrivés), et suis content de ma performance. J’aurais pu prendre plus de risque et essayer d’attaquer, surtout sous spi mais je n’étais pas assez à l’aise dans les conditions donc pas de regrets. Qui sait, peut-être que l’année prochaine je pourrai plus jouer…

Merci encore à nos partenaires : Sports universitares UNIL – EPFL / Ville de Lausanne / Réseau Delta


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